Arzel, O., T. Huck, A. Colin de Verdière, 2018: The internal generation of the Atlantic ocean interdecadal variability. Journal of Climate, 31, (16) 6411-6432, doi: 10.1175/JCLI-D-17-0884.1 . http://doi.org/10.1175/JCLI-D-17-0884.1 Génération interne de la variabilité interdécennale de l'océan Atlantique. Des simulations numériques avec le modèle de circulation générale océanique du MIT en configuration réaliste globale à 1° de résolution, forcé par des flux prescrits en surface, sont mises en œuvre pour déterminer l'origine et la structure de la variabilité interdécennale intrinsèque de la circulation dans l'Atlantique Nord. Quand la diffusion turbulente due aux tourbillons est suffisamment faible, des oscillations spontanées de la cellule méridienne de retournement de l'Atlantique (AMOC) se développent avec une période autour de 20 ans et une amplitude de l'ordre de 1 Sv. La transition du régime stationnaire aux oscillations a les caractéristiques d'une bifurcation de Hopf super-critique avec le nombre de Péclet horizontal. L'addition d'un terme de rappel des températures de surface vers l'atmosphère a une influence très limitée sur le domaine d'existence de la variabilité intrinsèque. La structure spatiale du mode consiste en un dipôle des anomalies de SST/SSH centré autour de 50°N avec une variance plus importante dans la partie ouest du gyre subpolaire, en accord avec la signature de l'Oscillation Atlantique Multidécennale (AMO) dans les observations. Les caractéristiques particulières de cette variabilité incluent une propagation vers l'ouest des anomalies de température à partir de la région source située sur le flanc ouest de la dérive nord Atlantique (NAC), et un déphasage en quadrature des anomalies de température en surface et à 800 m. Des calculs de stabilité linéaire locale incluant les termes visqueux et diffusifs confirment que le courant Nord-Atlantique est barocliniquement instable sur des échelles de l'ordre de 1000 km avec des taux de croissance de l'ordre de 1 cycle/an. La structure spatiale du mode et sa période sont comparables avec les observations in-situ dans l'Atlantique Nord, ce qui laisse penser que ce mode de variabilité intrinsèque océanique participe à la variabilité climatique bidécennale observée dans l'Atlantique.