Chenillat F., Huck T., Maes C., Grima. N, Blanke B., 2021: Devenir des débris plastiques flottants rejetés le long des côtes, étude à partir d'un modèle de circulation océanique à l'échelle globale (oral). Rencontres du GDR Polymères et Océans, 8-11 février 2021. La pollution marine liée aux plastiques est un problème planétaire qui affecte l'océan, depuis les régions côtières jusqu'à l'océan ouvert. Le trajet et le sort des débris plastiques dans les océans sont encore mal connus pour de nombreuses raisons, notamment liées à une méconnaissance de leurs sources, tant pour leur quantité que leur distribution spatiale. La compréhension du devenir de ces débris reste fondamentale pour mieux gérer et, potentiellement, réduire la pollution par les plastiques. Dans cette étude, nous évaluons le devenir de la pollution plastique flottante rejetée le long des côtes en comparant deux type de sources (ou scénarios) : le premier basé sur les rivières et le second sur la densité de la population vivant le long des côtes. Nous utilisons une analyse numérique lagrangienne dans un modèle de circulation océanique globale avec une résolution de 1/12˚ (<10km). Dans les deux scénarios, environ 20000 particules sont libérées chaque mois pendant les 23 ans de simulation, soit un total d'environ 6 millions de particules. Pour évaluer la pollution des plastiques flottants, nous imposons aux particules de se déplacer uniquement dans la couche de surface. Nous diagnostiquons différents cas de devenir des particules en fonction de leur position finale : les particules peuvent se retrouver soit dans l'océan, soit sur la côte après avoir voyagé en pleine mer, ou bien s’être uniquement déplacé le long de la côte. Cette étude souligne d'abord l'importance du scénario d'entrée sur la contribution des particules dans les principales zones de convergence subtropicales, avec des différences dans les gyres sud et nord de l’Atlantique, et dans celui du Pacifique Sud. De façon plus importante et novatrice, cette étude montre que le scénario d'entrée joue un rôle clé sur le nombre de particules échouées qui aboutissent dans les régions côtières : ainsi, 70% des particules s’échouent sur les côtes dans le scénario des rivières, contre 55% dans le scénario de densité de population. Dans les deux cas, les échouages se produisent majoritairement localement (i.e. dans la même région que celle de départ), mais un nombre important de particules (~15%) peuvent parcourir plusieurs milliers de kilomètres avant d'atteindre les zones côtières, ce qui permet une connectivité entre deux régions éloignées. En résumé, certaines régions côtières contribuent fortement, localement ou à distance, à la pollution des zones de convergence et des régions côtières.